
Aristocrate français, né à Carquefou, près de Nantes, le 9 mars 1856. Avec Georges Bouton*, il fonda l'une des plus importantes firmes automobiles du début du siècle.
D'origine belge, le comte Albert de Dion était souvent cité dans les chroniques mondaines des journeaux de l'époque en raison de sa réputation de séducteur et de joueur, ainsi que pour de nombreux duels auxquels l'avaient conduit ses démêlés sentimentaux ou de simples disputes verbales. Grand et vigoureux, il n'était pas exempt d'une certaine arrogance, laquelle le poussait à juger avec une extrême indifférence les préoccupations de ses parents et amis, qui craignaient qu'il dilapidât le patrimoine familial et entachât la réputation des siens. A son caractère turbulent, il opposait toutefois une vive intelligence et portait un très grand intérêt à la technique. A dix ans, il obligea son père à lui acheter une petite locomotive, et à vingt ans, il construisit seul une machine hydraulique.
Sa rencontre avec Bouton fut accidentelle. Un jour, Albert de Dion, avant de se rendre à un bal, alla acheter des cotillons dans un magasin de jouets, sur le boulevard des Italiens à Paris. Le bazar s'appelait « Chez Giroux ». Dans la vitrine était exposé un petit modèle de machine à vapeur, un chef-d'œuvre miniature et qui fonctionnait !, doté d'un petit feu à alcool pour réchauffer la chaudière. Un cylindre transparent en verre trempé permettait d'actionner le moteur. De Dion fut émerveillé par la perfection de ce modèle et, laissant tomber les cotillons et le bal, il voulut immédiatement connaître le constructeur. Environ une heure après, on lui présenta Georges Bouton, celui qui peu de temps après allait devenir son associé. En 1883, ils fondèrent ensemble la firme De Dion-Bouton, dont fit également partie Trepardoux, le beau-frère de Bouton.
A son nouveau personnage de constructeur, Albert de Dion ajouta celui d'inventeur, et il breveta des projets qu'il confia à Delalande, un mécanicien de la rue Saint-Maur.
En 1901, promu au titre de marquis à la mort de son père, de Dion commença à s'intéresser à la politique. Il fut élu peu après député et ensuite sénateur ; par la suite, il fonda l'Automobile-Club de France.
En 1933, après la fermeture de De Dion-Bouton, il publia un recueil de tous ses brevets. Le texte est conservé à la bibliothèque du Conservatoire national des arts et métiers de Paris. Parmi les inventions brevetées par de Dion, plusieurs ont été reprises après sa mort et appliquées comme innovations. Albert de Dion est mort à Paris en 1946.
|
|