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1 Histoire de Dasse
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Dasse (1894-1956)

Belgique
Belgium

1900's

Dasse
Dasse (1898)

Gérard Dasse, né à Hodimont en 1842, travailla d'abord dans la robinetterie dans les régions flamande et bruxelloise. Puis il s'initia à l'électricité en 1882 et revint à Verviers, rue de Dison, pour y fonder un atelier de robinetterie et s'occuper d'installations électriques. Gérard Dasse avait deux fils, Armand né en 1875 et Iwan né en 1880, qui travaillèrent bientôt avec lui. Les affaires prospérèrent et les Dasse, mécaniciens-nés pensèrent à l'automobile.

La tradition dit que c'est en 1894 que la famille Dasse construisit sa première voiture, la parenté avec la Benz trois roues de 1888 est évidente, avec son moteur arrière horizontal monoclindrique de 2,5 CV, sa transmission par courroies et son châssis tubulaire (fabriqué grâce au matériel de plomberie). La voiture n'avait pas de suspension et son allumage se faisait par brûleurs. Elle roula jusqu'à Pepinster sous le regard étonné des Verviétois mais resta un prototype. Entre-temps, l'affaire Dasse déménagea et s'installa dans de plus vastes locaux 59-61 rue David.

Quelques voitures étrangères arrivèrent en Belgique et un notaire, Maître Terfve, acheta en France une trois roues Léon Bollée et l'amena à Verviers. Cet événement se place au plus tôt en automne 1896 puisque les voiturettes Léon Bollée ne furent mises sur le marché qu'à partir de juillet 1896. Le notaire Terfve connaissait l'habileté des Dasse pour tout ce qui était mécanique aussi les chargea-t-il de l'entretien de sa voiturette ce qui leur permit de la comparer avec leur prototype nettement plus rudimentaire.

Peu de temps après, les Dasse construisirent une seconde trois roues reprenant l'architecture générale de la Léon Bollée, deux roues avant et une arrière, moteur à l'arrière toujours monocylindrique, transmission par courroies. Le garde-boue arrière servait de réservoir d'eau. Cette voiturette était fort semblable à un modèle suisse de 1898-1899, appelé Rapid.

Ils construisirent ensuite une troisième trois roues et se tournèrent enfin vers des voitures quatre roues dont la première dut apparaître en 1898 ou 1899, il y eut plusieurs versions de quatre roues à cette époque, avec moteur avant ou arrière, avec roues inégales ou égales mais nous ne savons pas exactement le degré de commercialisation de ces véhicules.

Un fait est très important : l'apparition d'un système d'allumage électrique de conception purement Dasse, à distributeur, bobine et batterie donc du principe des Delco actuels. Ce système semble avoir été intéressant car Gérard Dasse l'a fait breveter puis vendu à des Allemands.

Au début du siècle, les Dasse étaient de jolies voiturettes à roues égales et transmission par chaînes.

Au Salon de Bruxelles de janvier 1904, les Dasse exposées étaient de robustes voitures à châssis en tôle emboutie dont la caractéristiques était de n'avoir qu'un ressort transversal comme suspension avant. Les moteurs se faisaient en deux types, un deux cylindres 16 CV et un quatre cylindres 24 CV (110 x 120). Les soupapes étaient latérales et la culasse en T. La boîte avait trois vitesses et la transmission se faisait par cardan selon un système spécial breveté Dasse.

L'année suivante, une trois cylindres (95 x 105) de 15 HP sera ajoutée à la gamme et la société allemande Diirkopp de Bielefeld prit la licence de construction de cette voiture qu'elle montera jusqu'en 1907 sous le nom de Diirkopp-Dasse et la vendra surtout comme taxi.

Comme la plupart des marques de l'époque, Dasse participa aussi à des épreuves sportives. En 1908, à la course de côte de Ma1champs, Monsieur Sklin, au volant de sa Dasse quatre cylindres (90 x 110) 16/22 CV gravit cinq fois la côte à 72 km/h de moyenne et remporta la Coupe Pilette. La voiture était pourvue d'une carrosserie sport et du radiateur rond typique de la marque à cette époque.


1910's

La gamme offerte était importante. En 1911, Dasse construisait cinq modèles de classiques quatre cylindres, respectivement de 12, 16, 24, 30 et 50 HP. L'usine employait une centaine d'ouvriers et sortait plus de 100 voitures par an. L'exportation marchait bien, même vers l'Amérique du Sud. En 1913, comme beaucoup d'autres constructeurs, Dasse offrait en plus de sa gamme de quatre cylindres un châssis équipé d'un moteur sans soupapes (90 x 140). Le système choisi était à distributeur tournant, genre Henriod probablement. Celui de Dasse était réputé <> ce qui était heureux car le système Henriod conduisait, si ces précautions n'étaient pas prises, à des catastrophes monumentales.

Pour 1914, le radiateur voit sa forme modifiée et devenir plus ovale. Puis survient la guerre. Verviers est occupé et Gérard Dasse refuse de travailler pour les Allemands qui occupent l'usine; au moment de leur retraite, ils démontèrent l'outillage qui fut cependant récupéré après la Guerre.


1920's

Au tout début des années vingt, Gérard Dasse décéda et ses deux fils continuèrent seuls l'affaire qui s'installa dans de nouveaux ateliers rue de Battice.

En 1921, Dasse construisait deux modèles de voitures, une 12 HP à moteur quatre cylindres (75 x 120), soupapes latérales et suspension à ressorts cantilevers et une grosse 20 HP muni d'un très beau moteur (90 x 140) à un arbre à cames en tête et suspension par ressorts 'semi-elliptiques', peu après, le châssis 12 HP pouvait aussi recevoir un moteur à un arbre à cames en tête et une suspension par ressorts 'semi-elliptiques'. L'embrayage était toujours à cône et la boîte à trois vitesses. Le radiateur était en coupe-vent.

En fin 1923, les voitures reçurent des freins sur les quatre roues. Ces voitures quatre cylindres ont été construites jusque vers 1925 ou 1926 au rythme d'environ une vingtaine de 12 HP et de quelques 20-30 HP par an. La 12 HP était dénommée type A et la 20-30 type B.

En même temps que de la construction, Dasse faisait de la mécanique générale, de la revision de véhicules toutes marques et fit aussi dès 1922 ou

1923 quelques camionnettes 1.500 kg avec moteur 12 HP.

Vers 1925, Dasse sortira un nouveau modèle de voiture, la Six, à moteur six cylindres de même technique que les quatre, cette voiture sera construite en très petit nombre jusqu'à la fin des années vingt, puis encore pendant quelque temps, mais uniquement sur Commande. En effet, devant l'afflux des véhicules étrangers importés, Dasse comprit qu'il valait mieux abandonner la construction de voitures particulières et se diriger vers le poids lourd, ceci dès 1924. Ces camions furent èquipès des moteurs maison de la voiture B, puis de la Six, mais ces belles mécaniques étaient coûteuses et Dasse, comme d'autres firmes, se tourna vers les fabricants américains de moteurs. Aussi, en 1927, l'usine équipa des châssis de moteurs Lycoming huit cylindres en ligne à soupapes latérales de 4 et 6,8 litres. Le freinage était du type Hersot sur les quatre roues avec serve Dewandre. Ces véhicules jouiront d'un réel succès, en camions et' autobus, dans la région verviétoise jusque vers 1936.


1930's

Au début des années trente, des camions Dasse huit cylindres seront livrés à l'armée belge.

En mars 1927, Armand et Iwan Dasse avaient transformé leur affaire en société anonyme sous la dénomination ça Automobiles Dasse, " Soc. Anonyme " en association avec différents industriels verviétois comme Messieurs Grandjean, Peltzer de Clermont, Vosseylemine, Lieutenant, Zurstrassen, Houget.

Au début des années trente, lors de l'arrêt définitif de la fabrication des voitures de tourisme, les Dasse avaient acquis l'agence pour la région des voitures Nash qu'importait leur ami Jules Miesse.

A la fin des années trente Dasse fabriqua sous licence des gazogènes à bois ambert et en équipa des camions de toutes marques. De même, on monta dans divers châssis des moteurs Diesel MAN.

Puis Dasse ne s'occupa plus que d'entretien et de révision de véhicules ainsi que de mécanique générale et de précision, de taille d'engrenages de soudure autogène.

L'affaire entra en liquidation en mars 1956 après plus de soixante ans passées avec compétence et probité au service de l'automobile.

Armand Dasse s'éteignit après, en octobre 1956 et Iwan en 1964.

" Histoire de l'automobile belge " (éditions Paul Legrain EPA)