Réputé pour son moteur d’aviation radial à refroidissement par eau (plus tard par air), Salmson débuta dans l’industrie automobile en prenant une licence de fabrication G.N., en 1919. Trois mille de ces machines furent fabriquées en deux ans.
Les premières Salmson proprement dites furent présentées en 1921. Conçues par Emile Petit, elles avaient des châssis type cycle-car peu résistants, une transmission par arbre et un pont arrière sans différentiel, un motif en croix de Saint-André sur le radiateur. Le moteur de série était un étrange monocylindre monobloc 1100cm3, avec une seule tige-poussoir par cylindre, qui actionnait également les soupapes d’admission comme une tige de traction ; l’allumage était assuré par le dispositif magnéto de Salmson, et le refroidissement par thermosiphon. Ce moteur à soupape en-tête fonctionnait assez bien à faible vitesse, atteignait 72 km/h et consommait 6 litres aux 100 km.
A la même époque, Petit voulut construire un véhicule plus perfectionné pour le Grand Prix des cycles-cars, et réalisa une voiture à moteur à 2 arbres à cames en-tête, de capacité semblable, avec double allumage par magnéto et vilebrequin à 2 paliers. Le développement des voitures de tourisme Salmson se fit en direction des arbres à cames jumelés en-tête, avec l’apparition en 1922 de la 10, 1,2 litres; il n’y avait toujours pas de différentiel ni de freins sur les roues avant (bien que ceux-ci aient, par la suite, été montés sur les voitures de course), mais il y avait un démarreur sur les voitures de série et les ressorts en cantilever avaient été remplacés par des ressorts semi-elliptiques.
AL3 (1923)
A partir de 1925, la voiture de sport 1100 cm3 à double arbre à cames renforça ses positions et, en 1926, l’adoption d’un radiateur capoté compléta l’allure classique de ces voitures. Il y eut des modifications dans les spécifications, mais tous les modèles de sport eurent des freins sur les roues avant, des pneus ballon, des ponts arrière sans différentiel, allant de la Grand Prix à 3 vitesses, avec graissage par barbotage et vilebrequins 2 paliers, dépassant 112 km/h, à la "Grand Prix Spéciale" et à la "San Sébastian", qui avait une lubrification entièrement sous pression et 4 vitesses en marche avant — cette dernière voiture existant également avec carburateur Cozette.
Entre-temps, la 10 avait été dotée de freins sur les roues avant et, à la fin de 1926, la grosse 12/24 fut équipée d’un différentiel; elle avait un dynamoteur, un radiateur en V, et un empattement de 2,844 m qui permettait une carrosserie plus spacieuse.
La vogue des petites voitures de sport françaises disparut aussi vite qu’elle était venue, bien que Salmson ait gagné une fois de plus la Coupe de la Biennale au Mans, en 1928, et que les modèles de sport à double arbre à cames aient encore figuré dans les catalogues anglais jusqu’en 1930. L’apparition de la Midget M. G. marqua la fin complète des ventes de la Salmson et la firme, comme Amilcar, s’essaya alors à la construction de petites machines luxueuses : une 6 cylindres 1,6 litres, double arbre-à-cames parue en 1929 ne dura qu’une saison; mais son successeur, la S4, dura plus longtemps. Elle conservait le moteur à double arbre à cames, le vilebrequin à 3 paliers, l’allumage par magnéto, le graissage à carter sec et une boîte à 3 vitesses. Toutefois, vendue généralement avec une carrosserie de type conduite intérieure, elle n’était pas très rapide pour son prix.
GSG (1927)
En 1923, devenue plus importante sous la forme de la S4C, 1,5 litres, 4 vitesses, avec réservoir à l’arrière, elle fut à la base des Salmson anglaises 12 CV, fabriquées à Raynes Park à partir de 1934.
La S4D de 1,6 litres, de 1935, avait toujours une magnéto, mais elle était caractérisée par une suspension avant indépendante transversale et une boîte à sélection électrique Cotai à 4 vitesses. Des conduites intérieures à double arbre à cames en-tête, avec deux dimensions de moteurs, figuraient au catalogue en 1939. La plus grosse annonçait 2,3 litres, 70 CV, et des freins hydrauliques.
Les mêmes modèles réapparurent en 1946, époque à laquelle quelques voitures de compétition, à 90 CV, avec moteur de 2,3 litres, furent fabriquées.
Un peu plus d’un millier de Salmson trouvèrent des clients en 1950, mais ensuite le déclin fut rapide.
Une nouvelle Randonnée 2,2 litres, avec moteur en alliage léger et boîte de vitesses Cotal, sortit en 1951, et 1953 vit l’apparition du coupé aérodynamique G72 avec suspension arrière semi-elliptique au lieu de cantilever, des roues à rayons métalliques et une version mise au point du moteur à double arbre à cames permettant 105 CV et plus de 160 km/h, ce modèle fut fabriqué en petit nombre jusqu’en 1957, mais, une année auparavant, la fin en avait été annoncée lorsque Renault avait racheté la firme.
Les dernières Salmson furent une version à long empattement de la G72 avec une carrosserie de conduite intérieure 4 portes.