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Histoire de PSA Group
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PSA Group (1976-)

France

1970's

En décembre 1974, Peugeot acquiert 38,2 % du capital de Citroën SA. La marque aux chevrons, appartenant à Michelin, est en proie à des problèmes financiers et cherche un partenaire pour lui apporter de l'argent frais. En l'espace de deux ans, Peugeot devient actionnaire majoritaire de la société, en rachetant petit à petit les parts de Michelin. En avril 1976, il possède 90 % de Citroën. En mai, la fusion de Citroën SA et de Peugeot SA est décidée. Sous la tutelle d'une holding commune, "PSA Peugeot Citroën", les deux marques resteront indépendantes l'une de l'autre. Sont ainsi créées deux filiales, Automobiles Peugeot et Automobiles Citroën. La société Panhard, spécialisée dans la construction de véhicules blindés légers, héritée du patrimoine de Citroën, devient elle aussi filiale de PSA Peugeot Citroën. Le groupe ainsi créé produit alors 1 513 500 véhicules en 1976.

A peine la fusion établie, les conséquences apparaissent déjà dans la production. Pour limiter les coûts, les véhicules des deux marques adoptent des organes communs. La Citroën LN, lancée fin 1976 est une copie presque conforme de la Peugeot 104 Z, mais équipée d'une variante du moteur bicylindre de 602 cm3, équipant l'Ami 8, la Dyane et la 2CV.

Deux ans après la fusion, PSA, prend le contrôle de Chrysler Europe, avec ses 3 filiales : Chrysler France (ex-Simca), Chrysler UK (ex-groupe Rootes) et Chrysler Espagne (ex-Barreiros), en août 78. Cet accord fait alors de PSA Peugeot-Citroën le 1er constructeur automobile européen avec une production de 2 488 600 véhicules.

Alors que la Chrysler-Simca Horizon est élue "Voiture de l'année", les anciennes filiales européennes de Chrysler, avec les marques Simca et Sunbeam, prennent le nom de Talbot dès l'été 1979.

Entre temps, le groupe conclut un accord avec Fiat pour l’étude et la production de véhicules utilitaires au sein d’une société commune : la SEVEL (Société Européenne de Véhicules Légers) dont l’outil de production est basé à Val di Sangro (Italie).


1980's

Le second choc pétrolier de la fin des années 70, commence à produire ses effets négatifs sur le secteur automobile et PSA n'est pas épargné. Les parts de marché de ses trois marques (Peugeot, Citroën et Talbot) commencent à s'effriter. Mais c'est Talbot, à cause d'un changement de nom perturbateur, qui va le plus souffrir. Le constructeur est pourtant sacré Champion du monde des rallyes en 1981 avec la Sunbeam. Mais les ventes ne suivent pas. La fusion des réseaux commerciaux de Peugeot et Talbot est alors décidée fin 1980 dans un souci d'économie. Parallèlement, sont lancés de nouveaux modèles, Talbot Solara, Peugeot 305 break, Talbot Tagora et Citroën Visa II. Durant l'année 81, est inaugurée l’usine Sevel de Val di Sangro. Elle produira le Peugeot J5, le Citroën C25, le Fiat Ducato et le Talbot Express destiné au marché britannique.

Malgré de nouveaux modèles, la part de marché du groupe continue de chuter, alors que les marques étrangères s'installent confortablement sur le marché français. La production des trois marques de PSA tombe dangereusement à 1 637 454 véhicules en 1982. Les lancements de Talbot Samba et de la Citroën BX vont alors permettre au groupe de limiter les dégâts avant le succès de la Peugeot 205 lancée en 1983. Fonctionnelle, originale et moderne, cette dernière va littéralement doper les ventes du lion et par conséquent celle du groupe. Peugeot la lancera même dans un important programme sportif en rallye avec les versions 205 T16 à 4 roues motrices et GTI. A la même époque, Citroën adopte une nouvelle identité visuelle avec un nouveau logo, en remplaçant ses chevrons jaunes sur fond bleu par des chevrons blancs sur fond rouge.

Alors que Peugeot commence à surfer sur la vague du succès et que Citroën se maintient tant bien que mal, Talbot s'effondre littéralement. Les grèves spectaculaires et très médiatisées de l'usine de Poissy en 1982 et 1984 n'arrangent pas les ventes de la marque au T cerclé. Avec une part de marché hexagonale de 9 % en 1979, Talbot tombe à 2,5 % en 1984 ! La situation est alors jugée très préoccupante pour l'avenir de la marque. Alors que Jacques Calvet remplace Jean-Paul Parayre à la tête de PSA, la remplaçante de la Talbot Horizon est lancée en 1985, finalement sous le nom de Peugeot 309. Sans espoir de renouvellement de sa gamme, Talbot va disparaître progressivement.

Après plusieurs années de crises, PSA Peugeot Citroën retrouve peu à peu la voie du succès, grâce à la 205, la BX, la 309 et la 405 qui est lancée en 87. Elle est d'ailleurs élue "Voiture de l'année" en 1988. Peugeot est sacré Champion du Monde des rallyes et pilotes avec la 205. Dans le même temps, Citroën lance l'AX et les ventes de la marque retrouvent durablement une pente ascendante. En 1988 la marque aux chevrons ferme son usine historique de Levallois où était construite la 2CV. Cette dernière part s'exiler pour deux ans encore au Portugal, avant de faire ses adieux définitifs le 27 juillet 90, avec près de 4 millions d'exemplaires produits !

La fin des années 80 marque un net retour aux succès pour PSA. La 205 continue toujours de caracoler en tête des ventes. Elle est d'ailleurs assemblée également en Uruguay. Dans le domaine du sport, Peugeot remporte le Paris-Dakar avec la 405 T16 et l'AX Sport devient Championne de France des Rallyes. Au moment où sont lancés les deux nouveaux hauts de gamme, la 605 et la XM, la production totale du groupe retrouve son niveau d'avant la crise avec un total 2 232 400 véhicules en 1989.


1990's

Les années 90 sont le début pour PSA d'une certaine prospérité. Le groupe va privilégier, pour se développer, les partenariats avec d'autres constructeurs plutôt que des acquisitions comme dans les années 70. C'est ainsi que PSA Peugeot Citroën et Renault signent un accord de coopération (développement et production) sur les boîtes de vitesses automatiques. Une joint-venture est par ailleurs constitué avec la société chinoise Dongfeng pour la production de Citroën ZX en Chine, tandis que PSA et Proton s'associent pour la production de l'AX en Malaisie.

Au même moment, la Citroën XM reçoit le prix de "Voiture de l'année" en 1990. Deux ans plus tard, Peugeot remporte les 24 Heures du Mans avec la 905 et est sacré Champion du monde des constructeurs. A partir du milieu des années 90, les constructeurs automobiles s'engagent dans des recherches importantes pour la protection de l'environnement. C'est ainsi que sont étudiées puis lancées les Peugeot 106 et Citroën AX, C15 et C25 électriques. Parallèlement, les deux marques travaillent sur la réduction des émissions de CO2 pour lutter contre l’effet de serre.

Après un nouveau logo dans les années 80, Citroën adopte un nouveau slogan dans les années 90 qui fera date : "Vous n'imaginez pas tout ce que peut faire Citroën pour vous". Quelque temps plus tard, c'est au tour de Peugeot de restyler son célèbre lion et d'adopter le slogan "Pour que l’automobile soit toujours un plaisir" succédant à "Un constructeur sort ses griffes". Après avoir laissé passé le projet Espace, proposé par Matra pour Talbot, PSA lance enfin, en 1994, soit dix ans après Renault, son premier monospace en collaboration avec Fiat. Ce sont les Peugeot 806, Citroën Evasion, Fiat Ulysse et Lancia Zeta. Mais avec un style très banal, comme la plupart des modèles PSA des années 90, ils ne permettront pas de concurrencer sérieusement le Renault Espace.

En 1996, Citroën lance celle qui va remplacer l'AX : la Saxo. Elle est en réalité dérivée de la Peugeot 106 lancée en 1991. Depuis la fin des années 80, les modèles Citroën ont perdu l'originalité stylistique qui avait fait un des nombreux attraits de la marque. L'allure des différents modèles est désormais bien fade. Les AX, ZX, Evasion, Xantia (1993), Saxo et première Xsara (1996) ne soulèveront jamais l'enthousiasme des acheteurs quant à leurs formes.

Le 1er octobre 1997, Jean-Martin Folz devient Président de PSA Peugeot Citroën en remplacement de Jacques Calvet. Quelque temps plus tard, le groupe annonce la création d’un nouveau site de production, au Brésil, à Porto Real, opérationnel à la fin de l'année 2000 pour la fabrication de 100 000 véhicules. Le nouveau monospace compact de Citroën, le Xsara Picasso et la 206 seront les premiers véhicules fabriqués. Ce site représente un investissement de l'ordre de 600 millions de dollars pour PSA. Parallèlement, PSA Peugeot Citroën et Ford développent en commun un nouveau moteur à injection directe diesel common rail, Hdi, qui sera peu à peu commercialisé sur l’ensemble des gammes Peugeot et Citroën.


2000's

Le début des années 2000 symbolise pour PSA le succès à l'international dans de nombreux domaines. La Peugeot 206, lancée en 1998, remporte un engouement sans précédent dans plusieurs pays. Son style rompant avec les formes des années 90 séduit de nombreux acheteurs. En sport, elle permet à Peugeot de remporter le championnat du monde des rallyes trois fois de suite en 2000, 2001 et 2002, tandis que Citroën remporte ceux de 2003, 2004 et 2005 sur Xsara.

Pour la première fois, le groupe voit sa production mondiale dépasser les 3 millions d'unités en 2001. La même année, la Peugeot 307 est sacrée "Voiture de l'année", tandis que la Citroën C3 est lancée un an plus tard, rompant enfin, pour la marque aux chevrons, avec le style classique des années 90.

Durant les années 2000, PSA s'implante en Europe de l'Est avec deux centres de production. Le premier, conçu en collaboration avec Toyota, voit le jour en 2005 à Kolin en République tchèque pour la fabrication de 3 petits véhicules jumeaux d'entrée de gamme : Peugeot 107, Citroën C1 et Toyota Aygo. Le site produit 300 000 véhicules dont 200 000 destinés à PSA. Dans le pays voisin, la Slovaquie, PSA implante un important site de production destiné à la nouvelle Peugeot 207 qui va remplacer peu à peu la 206. Dans le même temps, PSA cède Panhard à Auverland et décide de fermer son usine anglaise de Ryton, héritée de Chrysler Europe.

Adrien Cahuzac