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Histoire de Talbot
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Talbot (1920-1988)

France

1900's

En 1903, le comte de Shrewsbury & Talbot s'associe au constructeur automobile français Clément, pour devenir importateur officiel en Angleterre des véhicules de ce dernier. Il crée alors la Clément-Talbot Ltd, qui, à partir de 1906, produit en Grande-Bretagne des modèles différents des français.


1910's

En 1919, la firme anglaise Clément-Talbot fusionne avec le constructeur français Darracq, basé à Suresnes, pour former le groupe Talbot-Darracq Ltd.


1920's

DD
DD (1924)

Talbot-Darracq Ltd s'associe ensuite avec la firme britannique Sunbeam en 1920, pour former le groupe Sunbeam-Talbot-Darracq (STD) qui existera à la fois en France et en Grande-Bretagne. Ainsi, les Darracq françaises sont rapidement produites sous le nom Talbot-Darracq puis Talbot. C'est donc à partir de cette période que se crée la branche française de Talbot, dont l'origine est britannique. Elle choisit de se spécialiser dans les voitures de luxe, à moteur 6 cylindres. Pour éviter la confusion avec les Talbot anglaises, les modèles français de cette marque sont produits sous ce nom dans l'Hexagone mais sont distribués sous le nom Darracq en Angleterre.


1930's

M67
M67 (1930)

Dans les années 30, Talbot établit sa réputation sur des modèles de luxe tels que les Pacific, Atlantic et Fulgur. Ils n'ont alors rien à envier à leurs concurrents directs que sont les Delage, Delahaye ou encore Bugatti. Cependant, le groupe STD souhaite se séparer de sa branche Talbot-Darracq qui est en difficulté depuis la crise économique de 1929. C'est alors que l'ingénieur italien Anthony Lago décide en 1934 de racheter la branche française Talbot. Dès lors, la marque se sépare complètement de tous liens avec les Talbot anglaises. Quelques mois plus tard, STD avec Talbot England, est rachetée par le groupe britannique Rootes qui possède déjà les marques Hillman et Humber.

Les voitures françaises construites à Suresnes deviennent suite au rachat par Anthony Lago, des Talbot-Lago. Les Minor, Major et Master sont alors lancées pour annoncer un nouvel élan de la marque. Mais Talbot développe également des voitures de course pour les compétitions. C'est notamment le cas de la SS de 1938, équipées d'un 4 litres de 140ch, capable d'atteindre les 200 km/h. Ce genre de modèles, a dès lors contribué à donner à la firme de Suresnes une image de marque très dynamique et sportive.


1940's

T 26
T 26 (1947)

En 1946 naît la Talbot-Lago Record, une 6 cylindres de 4,5 litres développant 170ch et qui permet d'atteindre la vitesse de pointe de 170 km/h. Proposée en plusieurs carrosseries, cabriolet, coach et berline, elle est une des voitures de série la plus puissante et la plus chère de l’époque. Trois ans plus tard, est présentée la Talbot-Lago Baby, version en réduction de la Record, munie d’un 4 cylindres de 2,5 litres de 100ch.


1950's

T 26
T 26 (1950)

En 1950, Talbot remporte, avec sa T 26 GS, développant 200 ch à 4800 tr/min, la victoire aux 24 Heures du Mans. Un an plus tard, les Talbot-Lago Record et Baby sont entièrement redessinées. Mais les ventes restent faibles et la firme connaît des difficultés. En 1953, apparaît le coupé Grand Sport 4,5 litres 6 cylindres qui développe 200 ch pour une vitesse de 200 km/h. C'est alors le modèle le plus rapide de l'époque. Il devient le modèle unique de la marque dès 1954, après la disparition des Record et Baby. Là aussi, les ventes restent très confidentielles à cause d'un prix de vente prohibitif. Anthony Lago lance alors en 1955 un coupé 2,5 litres 4 cylindres de 120ch,réplique en réduction du coupé 4,5 litres qui vient d'être arrêté. En 1957, Talbot, qui connaît de plus en plus de difficultés, renonce à la production de ses moteurs et achète à BMW un 8 cylindres en V pour son coupé, appelé désormais Talbot-Lago America.

Le constructeur français Simca rachète alors l’entreprise au bord du gouffre en 1958. Le coupé Talbot, équipé du moteur V8 de 95 ch de la Simca Chambord, ne pouvant soutenir la comparaison avec ses devancières, provoque la mise en sommeil de la marque en 1960. Quelques années plus tard, il fut pourtant question de la renaissance d'un modèle Talbot, équipé d'un moteur Simca-Chrysler. Aucune suite ne fut finalement donnée.


1970's

Horizon
Horizon (1977)

Le 10 juillet 1978, Chrysler Europe, composé de Chrysler France (Simca), Chrysler UK (Rootes-Sunbeam) et Chrysler Espana (Barreiros) est racheté par PSA (Peugeot Société anonyme). Ne pouvant plus utiliser par contrat la marque Chrysler, et désirant trouver un nom commun à toutes ces firmes européennes, PSA, par on ne sait quel jeu de hasard, exhume en juillet 79 le nom Talbot, hérité à la fois du patrimoine de Simca et de Rootes. Le nom Simca, jugé peut-être trop français pour les européens et trop associé à Chrysler aux yeux des Français, sera donc abandonné. Ce sera une dramatique erreur. Dès l'été 79 et donc à partir de l'année modèle 1980, les Simca-Chrysler deviennent des Talbot-Simca. La 1510, première nouvelle Talbot, est dans le même coup lancée en remplacement de la Simca 1307/1308. Le nom Simca sera définitivement enlevé des modèles un an plus tard.


1980's

Tagora
Tagora (1980)

La Solara, trois volumes de la 1510, est présentée en mars 1980, tandis que la Tagora, grosse berline de luxe, est lancée en octobre 1980. Mais dans un marché en crise, frappé par le second choc pétrolier, les clients se tournent vers les petits voitures à faible cylindrée et à plus faible consommation. La Tagora démarre donc dans une mauvaise conjoncture... qui lui sera hélas fatale dès 1983 ! Pour faire vite et pour investir le marché des petites citadines, Talbot lance la Samba fin 1981, sur un air de déjà vu, puisqu'elle ressemble à la 104 coupé de Peugeot et à la LN de Citroën. Pourtant, elle est légèrement plus longue, plus spacieuse et offre une ligne plus moderne. Quelques mois avant, il fut décidé pour réaliser des économies, de regrouper tous les services commerciaux de Peugeot et de Talbot. Ce fut un très mauvais calcul. Les concessionnaires ex-Simca préfèreront rejoindre la concurrence plutôt qu'intégrer le Lion de Sochaux qu'ils avaient toujours combattu. Ainsi, c'est le réseau Peugeot qui accueille Talbot et très peu souvent l'inverse. Les modèles Talbot vont être, de ce fait, handicapés par les commerciaux de PSA qui préfèrent vendre les modèles Peugeot qu'ils connaissent mieux.

Quelques mois plus tard, Talbot reçoit un nouveau coup dur : des grèves massives et spectaculaires entre 1982 et 1984, qui perturbent fortement les cadences de production et l'image toute jeune de la marque auprès du grand public. Dès lors s'ensuit une vertigineuse descente aux enfers de Talbot qui entraîne dangereusement tout le groupe PSA. Chutes des commandes et des parts de marchés incitent la direction de Peugeot à se demander s'il est bien raisonnable de lancer un nouveau modèle sous la marque Talbot, qui pourrait être très sérieusement handicapé juste à cause de ce nom. La remplaçante de l'Horizon est alors lancée en 1985, sous le nom de Peugeot 309 après plusieurs mois de tergiversations. Elle devait s'appeler Talbot Arizona. Talbot est alors condamné et agonise lentement. Les automobiles au T cerclé disparaissent des chaînes de Poissy en 1986 dans la plus grande indifférence. Seule l'Espagne continue jusqu'à fin 1987 la production des Solara et Horizon. 1988 marque la fin officielle de la production de toutes les automobiles Talbot. Signes de cette disparition, le portait en bronze d'Henri Théodore Pigozzi, fondateur de Simca, est enlevé du hall de Poissy, en même temps que le grand panneau Talbot sur le fronton de l'usine.

C'est cependant au milieu des années 90 que la marque Talbot sera définitivement enterrée dans son pays d'origine, la Grande-Bretagne, avec la fin de la commercialisation du Talbot Express, frère jumeau anglais des fourgons Peugeot J5 et Citroën C25.

Solara
Solara (1980)

Fin consternante de Talbot, réunifié par PSA et assassiné par PSA.

Adrien Cahuzac