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Histoire de Innocenti
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Innocenti (1960-1997)

Italie
Italy

1940's

Avant la seconde guerre mondiale, le nom Innocenti est attaché aux échafaudages tubulaires, fabrication qui débute en 1931, lorsque Ferdinando Innocenti se fixe à Milan pour poursuivre l’activité de sa firme consacrée aux diverses applications du tube d’acier.

Au début de la guerre, l’établissement emploie déjà quelques milliers de salariés. Après avoir satisfait à une commande de fourniture d’outillage, pour la fabrication de douilles d’obus, Innocenti est invité à construire des chaînes entières de montage pour la fabrication de douilles, projectiles et grenades. L’activité de l’entreprise devient rapidement intense, mais en 1943, l’usine tombe aux mains des allemands. Ferdinando Innocenti se retire alors à Rome. Ce n'est qu'à la fin de la guerre qu'il revient à Milan. Il y trouve une usine à moitié détruite et des bâtiments qu’il n’a jamais construits. Il lui faut alors trouver des capitaux pour recommencer. Innocenti cède à la société Dolmine les actions qu’il possède ainsi que toutes les autres petites entreprises, ne gardant que l’usine de Milan dans laquelle il investit tous ses capitaux.

Pendant la guerre, il avait créé à Rome un bureau technique dont le but était de développer celui qui allait devenir le célèbre scooter Lambretta.


1950's

Une fois les chaînes de fabrication installées, les scooters Lambretta d'Innocenti sont un incontestable succès. Le nombre annuel d’unités dépasse très vite les 200 000, au rythme d’un scooter toutes les 59 secondes. 60 % de la production est exportée. Surfant sur la vague du succès, Ferdinando Innocenti songe à diversifier ses activités.

En 1958, il est aidé par son fils Luigi, en qualité de vice-président. La passion de ce dernier pour l’automobile va pousser l’entreprise à étudier la possibilité de se lancer dans cette industrie.

Après avoir été en contact avec Volkswagen et Renault, Innocenti passe un accord avec l'allemand Glas et acquiert la licence de la Goggomobil. Un prototype est réalisé, mais Innocenti change de stratégie et se tourne finalement vers la British Motor Corporation (BMC) pour son entrée dans la construction automobile.


1960's

Trois ans avant le déclin du scooter Lambretta, Innocenti propose en 1960 sa première automobile : l'Innocenti-Austin A40, dessinée par Pininfarina. Le modèle est disponible en 2 versions : berline et break.

Innocenti revendique son indépendance de création et va rapidement proposer des modèles différents de ceux de la BMC. Ainsi, quelques mois plus tard, apparaît le coupé 950 S, avec une carrosserie inédite, reposant sur la mécanique de l'Austin-Healey Sprite.

En 1965, Innocenti lance sur la péninsule le best-seller de la BMC : la Mini. Presque identique à sa cousine anglaise, la Mini d'Innocenti devient également un succès. Un an plus tard, la version break Traveller est lancée sous le nom de Mini T en même temps que la Mini Cooper.


1970's

Regent
Regent (1974)

Jusqu'alors indépendant, Innocenti passe en 1972 sous le contrôle de la BMC, devenue British Leyland en 1968. Le constructeur devient une simple filiale du géant britannique. En 1974, Innocenti propose en Italie l'Austin Allegro, sous le nom de Regent. Parallèlement, pour riposter à la rude concurrence italienne sur le segment, Innocenti décide de modifier complètement sa Mini. Il fait alors appel au carrossier Bertone et présente la Nueva Mini en novembre 1974 au Salon de Turin. Si son physique diffère totalement de sa cousine, la nouvelle Mini conserve cependant toute la mécanique anglaise. Innocenti vit alors une période particulièrement faste. La production atteint le record de 60 000 véhicules au début des années 70.

Mais les problèmes financiers ne tardent à se faire sentir du côté de la maison mère britannique. British Leyland, nationalisé, se voit contraint de céder Innocenti en 1975 au constructeur de voitures de sport, De Tomaso. Innocenti ne va plus proposer dès cet instant qu'un seul modèle dans sa gamme, la Mini de Bertone disponible avec deux moteurs : 998 cm3 (90) et 1275 cm3 (120). Suivant les accords de séparation avec British Leyland, elle reste distribuée jusqu'en 1982 par le constructeur britannique sur les marchés d'exportation. Un an après le rachat, le nouveau propriétaire propose une déclinaison sportive, baptisée "De Tomaso" avec le moteur de 1275 cm3 gonflé à 74 ch.


1980's

3
3 (1982)

En 1980, une version 90 plus luxueuse, baptisée Mille est proposée avec de légères retouches esthétiques, notamment au niveau des feux. Avec la fin des accords avec British Leyland, Innocenti est contraint d'abandonner les moteurs anglais et de chercher de nouveaux réseaux de distribution. Après avoir approché le constructeur de motos Guzzi, Innocenti se lie avec le japonais, Daihaitsu, filiale de Toyota pour lui fournir des moteurs. C'est ainsi qu'est lancée la Mini 3 au printemps 1982, avec un nouveau moteur 3 cylindres de 993 cm3. Pour la distribution, Innocenti se tourne au niveau français vers le réseau France Motors, déjà importateur des automobiles Mazda.

Pendant toutes les années 80, la gamme ne cessera de se diversifier avec le lancement de plusieurs versions : un moteur diesel, une automatique (Minimatic), une "société" et des moteurs de plus en plus réduits sur les modèles 650 puis 500. Mais l'esthétique n'évoluera guère. En 1986 pourtant, la marque propose une Mini allongée (+ 21 cm), baptisée 990, reprenant le moteur de la Mini 3. A l'exception de la face avant modernisée qui sera généralisée peu à peu au reste de la gamme à la fin des années 80, la carrosserie reste presque identique et ressemble à s'y méprendre à la Mini 3.

Avec un modèle quasiment inchangé pendant 15 ans, Innocenti va voir ses ventes inexorablement diminuer peu à peu et les difficultés s'installer. A la fin des années 80, la production finit par flirter avec le seuil symbolique des 10 000 unités. De Tomaso est alors contraint de vendre sa filiale à Fiat en décembre 1989.


1990's

Plutôt que d'investir et de chercher à remplacer la Mini, le constructeur turinois va préférer laisser mourir peu à peu le modèle en réduisant la gamme. La dernière Mini Innocenti sort des chaînes de l'usine milanaise au début de 1993. La marque Innocenti va être ensuite utilisée pour rebadger des Fiat brésiliennes, Elba et Mille, dérivées de la Fiat Uno et la Yugo 45/55, devenue Innocenti Koral. La marque diffusera aussi sur le marché italien les petits fourgons assemblés par Piaggio sous licence Daihatsu, les Porter, avant de disparaître totalement en 1997.

Adrien Cahuzac / Edita