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Le rôle primordial des Bollée




Détail de la marque du fondeur Georges Bollée.

De père en fils, les Bollée exploitaient, au Mans, une fonderie de cloches renommée.

Ernest Bollée, fondeur ambulant, avait eu un fils, Amédée Bollée, qu'il avait rapide­ment initié aux secrets de la fabrication. Dès vingt–deux ans, le jeune "fondeur" moder­nisait la technique du tracé des cloches en y introduisant des notions scientifiques.


Amédée Bollée père.

Amédée Bollée (que nous dénommerons " Amédée Bollée père " puisque son fils devait porter le même nom et poursuivre son oeuvre) aborda la locomotion mécanique en 1872. Faisant table rase des conceptions des diligences britanniques, Bollée rêvait d'une voiture à vapeur rapide et stable. Le premier véhicule de sa création fut dénommé l'Obéissante. C'était un vaste break douze places mû par deux moteurs à vapeur bicylindres en V, avec changement de vitesse à engrenages. Conservé de nos jours, il est le compa­gnon du fardier de Cugnot au Conservatoire des arts et métiers de Paris. Sa suspension à roues avant indépendantes et sa direction sont à commande symétrique.

Amédée Bollée père avait une telle confiance dans cette voiture que, le 9 octobre 1875, il se lança vers Paris qu'il rallia après avoir essuyé soixante–quinze contraventions (une par trois kilomètres), qui furent " levées " sur l'intervention du préfet de police.


L'obéissante ; cette voiture bimoteur était dotée d'un système original de direction, comprenant des chaînes et des cames destinées à donner un braquage géométriquement correct même sur les plus court rayons ; chaque roue commandait une roue arrière, rendant inutile l'emploi d'un différentiel.

L'Obéissante, sûre et silencieuse, pesait près de cinq tonnes et atteignait les 40 km/h. Bollée souhaitait une voiture plus légère : en 1878, à l'Obéissante succéda la Mancelle, ancêtre de tous les coupés de ville. L'anatomie de cette machine est extraordinaire, en ce sens que l'emplacement des organes y est celui d'un engin moderne : moteur vertical disposé à l'avant sous un capot, attaquant l'essieu arrière moteur par un arbre longitudinal et un renvoi d'angle conique avec différentiel incorporé !


La voiture qui devait anticiper de quelques années l'architecture générale des automobiles fut la Mancelle. malgré la présence, à l'arrière, d'un compartiment mécanique, la machine à 3 cylindres est montée sous le capot avant ; exposée pour la première fois à m'exposition de 1878 à paris, cette voiture , qui souleva un très grand intérêt, fut proposée au prix de 12000 francs–or.

La Mancelle eut un succès considérable. Elle figura à l'Exposition de 1878 et exécuta cinquante sorties. Elle soutint un jour 42 km/h de moyenne avec seize personnes à bord. Il y eut même des clients privés. L'industriel Koechlin, qui, par la suite, fut associé aux usines Peugeot, commanda une Mancelle qui, construite à toute vitesse, lui fut livrée le 6 mai 1879 : elle circula... plus de vingt ans.

Bollée fut bientôt secondé avec le même enthousiasme par Le Cordier, le premier " concessionnaire automobile " du monde. C'est Le Cordier qui organisa les célèbres voyages en Autriche, puis en Allemagne. L'empereur François–Joseph lui–même tint à essayer la Mancelle, qui eut les honneurs du palais de Schonbrunn.

Avec la Mary–Ann, commandée à Le Cordier par la Société métallurgique de l'Ariège, Amédée Bollée père revint au problème de l'extra–lourd. Cet engin de 100 ch pesait vingt–huit tonnes et pouvait tirer cent tonnes en palier et trente–six tonnes en rampe de six pour cent. Le fait d'armes de la Mary–Ann fut son voyage du Mans à Aix–sur–Ariège, soit 730 kilomètres en 74 heures, représentant une moyenne de 9 km/h, le temps consacré aux fêtes et banquets étant défalqué.


Avec son n°24, la Nouvelle participe en 1895 à la course Paris–Bordeaux–Paris où elle termine à la dernière place, très loin du vainqueur Emile Levassor. La voiture pouvait prétendre à une bien meilleure place, mais un chiffon " oublié " dans les engrenages de distribution entraînera de nombreuses et régulières réparations. A noter qu'Amédée Bollée donna le nom de Nouvelle à cette voiture à cause d'un dispositif de régulation de la vapeur inédit, sans aucun rapport avec les systèmes alors en usage.

La Nouvelle, modèle Bollée pour 1880, était un petit autobus d'excursion à six places, disons un "station wagon" à vapeur. Pesant trois tonnes avec un moteur de 15 ch, pouvant être poussé à 30, elle atteignait 45 km/h.

Cette nouvelle voiture devait se couvrir de gloire quinze ans après sa sortie, lors­qu'elle se classa aux places d'honneur dans l'épreuve Paris–Bordeaux de 1895.

La même année 1880, A. Bollée avait construit avec plein succès un autobus de qua­rante places, l'Avant–Courrier, qui n'eut pas le moindre ennui de fonctionnement.

Au cours d'un voyage à Berlin, la Mancelle reçut un accueil triomphal.

Comme François–Joseph, le vieil empereur Guillaume Ier tint à voir l'engin. Les actions de la Société Wöhlert, licenciée de Bollée, montèrent de manière vertigineuse. Cette affaire allemande se développait bien, si bien même qu'on reprocha à Le Cordier et à Bollée d'équiper l'armée allemande et de ne fournir que des cloches aux Français. La campagne de presse qui se déclencha contre les constructeurs manceaux se gardait de faire état du refus que les militaires français avaient opposé aux propositions de Bollée.

La firme Bollée connaissait, à ce moment, une mauvaise passe : l'argent manquait. Les voitures allemandes furent délaissées sous prétexte qu'elles usaient les routes !

Pourtant, au prix de sacrifices énormes, Bollée et Le Cordier réussirent à sauver leur affaire et la construction ne fut pas interrompue.


La rapide à 6 places, capable d'atteindre la vitesse de 60 km/h, fut construite en 1881 pour Ernest bollée ; comme la plupart des voitures construites par la famille Bollée, celle–ci fonctionnait correctement et longtemps. Ses performances furent à l'origine de commandes supplémentaires de 2 voitures à vapeur identiques.

La Rapide de 1881, qui dépassait 60 km/h, fut construite à plusieurs exemplaires.

Un mail–coach à carrosserie Muhlbacher, commandé par le marquis de Broc, de Parigné–le–Polin, au prix de 35 000 francs–or, prit la route en 1885. Il roulait encore sur les routes de la Sarthe en 1900. Il figure aujourd'hui au musée de Compiègne.

En compagnie de ses fils, et en particulier d'Amédée fils, Amédée Bollée père se tourna ensuite vers les véhicules à moteur à essence et s'éteignit en 1916, à quatre–vingt–deux ans, à l'aube du succès définitif de l'automobile.

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