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La commande desmodromique



Système particulier de commande des soupapes qui réalise la fermeture de celles-ci sans ressort de rappel. Le terme « desmodromique » est issu des deux mots grecs : desmos (lien) et dromos (course).

Dans une commande desmodromique, la levée de la soupape s'effectue selon le système classique (poussoir ou culbuteur) ; par contre, la fermeture est réalisée selon le même principe, c'est-à-dire grâce à un culbuteur ou un poussoir (système à deux cames par soupape), ou encore par une came à rainure commandant les deux mouvements.

L'avantage d'une commande desmodromique réside surtout dans la possibilité de retarder le régime d'affolement des soupapes, et, de ce fait, de permettre des régimes très élevés.

Sur un moteur de série, à 6 000 tr/mn, chaque soupape doit s'ouvrir et se fermer cinquante fois par seconde. Si le ressort est trop faible, son inertie ne permet pas aux spires de se détendre suffisamment vite et les soupapes ne se ferment pas à temps. Ce décalage se traduit par un rebondissement du poussoir qui vient heurter l'arbre à cames qui, dans l'intervalle de temps nécessaire à la détente du ressort, a tourné. Dans cette phase critique, la distribution devient très bruyante et les ressorts de soupapes peuvent casser.

Dans un système classique, à chaque ouverture le culbuteur doit exercer une certaine force pour comprimer le ressort. Ce travail, compte tenu de la fréquence élevée des ouvertures, absorbe une certaine puissance qui n'est pas récupérée en totalité à la détente du ressort.

La commande desmodromique offre à cet égard un gain de puissance qui est d'ailleurs limité par des pertes par frottement plus élevées.

Le système desmodromique a été sporadiquement utilisé en compétition (son prix de revient élevé, sa complexité, les difficultés de mise au point lui interdisent la production de série). Ce n'est que dans un petit nombre de cas que son rendement s'est avéré supérieur aux commandes classiques à ressort.

Le premier exemple, appliqué sur une Arnott anglaise, date de 1910. Le mouvement des soupapes était commandé par un culbuteur guidé par une came à rainure. Plus tard, Peugeot étudia un système similaire, mais à galet tournant dans un cadre (1912) ; suivi en 1914 par Delâge (2 cames, l'une servant à l'ouverture, l'autre à la fermeture). En 1916 également, Isotta Fraschini s'engagea dans cette voie et conçut deux systèmes destinés à des moteurs d'avion, le premier comportant encore des ressorts dont la fonction se limitait à maintenir des contacts élastiques entre les organes en mouvement.

Après quelques autres tentatives dans les années vingt, notamment avec les deux-litres Bignan, la commande desmodromique réapparut en 1954, où elle fut appliquée avec succès sur les voitures de compétition Mercedes. La firme allemande étudia deux systèmes différents, l'un étant destiné aux formules 1, l'autre aux 300 SLR. Tous deux comportaient deux cames accolées, mais le basculeur était à pincette dans le premier et à levier dans le second.

Le système desmodromique fut aussi retenu à cette époque par les firmes italiennes OSCA, Stanguellini et Ducati. Cette dernière opta pour une distribution à trois arbres à cames sur ses motocyclettes, une came centrale commandant la fermeture, les deux autres commandant les ouvertures.

Si cette technique présentait un avantage à une époque où les aciers employés pour les ressorts étaient de moyenne qualité, elle n'a plus d'intérêt mécanique aujourd'hui.

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Idée & conception © 1999-2011 van Damme Stéphane.


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