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Violet Marcel

  

Violet Marcel

b : 1886 - 1973

 Ingénieur français considéré comme le père du moteur à deux temps pour automobiles. Si l'on attribue généralement au Français Cozette le mérite d'avoir vulgarisé, au cours des années vingt, l'emploi de ce type de moteur, il ne faut pas oublier que c'est Marcel Violet qui, le premier, en 1908, en avait conçu le projet pour le compte de la firme française Cohendet, constructeur de camions automobiles et de moteurs marins.

 Bien que n'ayant jamais été fabriqué en série, ce type de propulseur fut à la base de la fabrication des moteurs Côte, utilisés de 1908 à 1913 sur les voitures du même nom. Parmi les premières réalisations de Violet figurent un quadricycle léger, équipé d'un moteur Quentin à soupapes automatiques de 500 cm3 et transmission à courroie (1908), et le modèle « la Violette » avec moteur monocylindre de 700 cm3 avec transmission à chaîne (1910). Par la suite, en 1912, l'ingénieur français mit au point la Bogey, un cyclecar bicylindre avec moteur deux temps de 1 100 cm3, refroidi par circulation d'eau et muni d'un vilebrequin monté sur roulements à rouleaux. Cette voiturette remporta un grand succès dans les nombreuses compétitions auxquelles elle prit part à l'époque.

 Après-guerre fut réalisé le modèle Major avec moteur vertical à deux cylindres deux temps de 1 100 cm3 et chambre de combustion unique ; cette voiture, pilotée par Violet, s'adjugea, en 1920, au Mans, le Grand Prix Cyclecar. Le modèle fut mis en vente également sous la marque Mourre. En 1922, Violet étudia un moteur bicylindre deux temps à une seule chambre de combustion et une seule bougie, sur commande des frères Bucciali. En 1923, enfin, il construisit un scooter de 125 cm3 avec lequel il prit part au Bol d'Or en réalisant une moyenne de 59 km/h.

 Le cyclecar SICAM (sigle de la Société industrielle de construction automobile et de moteurs) présenta un plus grand intérêt et fut produit de 1920 à 1922. Cette voiturette était équipée d'un moteur à deux temps à deux cylindres opposés de 496 cm3 (65 x 75 mm), refroidi par air ; d'un vilebrequin à rouleaux ; d'un allumage par volant magnétique ; de suspensions avant à ressorts hélicoïdaux et arrière à ressort à lames transversal ; d'un changement de vitesse par chaînes, à deux rapports, semblable à celui des voiturettes anglaises G.N. (transmission*).

 Le cyclecar SICAM servit de base au modèle suivant Sima-Violet de 1924, qui fut l'une des réalisations de Marcel Violet qui rencontra le plus de succès. Le moteur était le même 2-cylindres de 496 cm3, monté sur un simple châssis à poutre centrale avec une suspension avant à ressort à lames transversal et arrière à ressorts quart-elliptiques. La boîte à deux rapports, avec un levier séparé pour la marche arrière, était montée en bloc avec l'essieu arrière et n'avait pas de différentiel. L'éclairage était constitué par un dispositif à acétylène.La Sima-Violet fut fabriquée jusqu'en 1928 en 5 000 exemplaires environ, chiffre comprenant également les véhicules fabriqués sous licence par la firme de motocyclettes Alcyon et son associée, la maison Armor. Les voitures Sima-Violet participèrent activement aux compétitions en remportant de nombreux succès dans leur catégorie.

 Entretemps, et plus précisément en 1926, Marcel Violet avait produit une intéressante voiture de 1,5 litre, qui correspondait à la formule 1 de l'époque, destinée aux Grands Prix. Le moteur était un deux-temps à quatre cylindres opposés de 1 484 cm3, refroidi par circulation d'eau et muni d'un vilebrequin monté sur roulements à rouleaux avec allumage à double magnéto, châssis surbaissé et carrosserie légère en aluminium. Toutefois, les espoirs fondés sur cette voiture furent déçus : la meilleure performance réalisée par Violet fut une troisième place au meeting de Boulogne.

 A la fin des années vingt, à la suite de la grave crise subie par l'industrie automobile, Violet abandonna la maison Sima et débuta une carrière de projeteur et de conseiller technique auprès d'autres constructeurs. En 1928, il réalisa pour le compte de la maison Vinot* & Deguigand, entreprise française qui était alors proche de la liquidation, une version plus sophistiquée de la Sima-Violet, dont il reprit le moteur à deux temps, les suspensions, le châssis et le changement de vitesse ; par contre, il adopta un nouveau bloc à quatre cylindres de 750 cm3, refroidi par eau, avec une chambre pour deux cylindres.

 Violet passa ensuite chez Mathis, firme pour laquelle il établit, en 1930, le projet de la PY avec laquelle il remporta le Bol d'Or de 1931. Cette voiture fut présentée à cette occasion sous le nom de Huascar, Emile Mathis ayant interdit à Violet de courir avec une voiture portant son nom. Par ia suite, Marcel Violet exécuta une autre étude pour Jérôme Donnet qui, en 1932, lança sur le marché cette voiturette, sous l'appellation de 4 CV, ou Donette. La cylindrée du moteur, à graissage sous pression, était de 740 cm3. Par suite de la précarité de la situation financière de Donnet, 500 exemplaires seulement de ce modèle furent fabriqués. Ce résultat est toutefois plus satisfaisant que celui obtenu par Violet au cours de la même année, lorsqu'il tenta de faire revivre l'ancienne marque Major en l'utilisant sur un nouveau véhicule utilitaire avec moteur monocylindrique à quatre temps de 600 cm3, refroidi par eau.

 Après avoir échoué dans la tentative d'intéresser à ce véhicule les services de l'armée française, Violet abandonna son projet. Au nombre des divers projets de Violet, il faut rappeler : le moteur deux cylindres Ava, à quatre temps, pour avions ultralégers (1934) ; une motocyclette militaire de 350 cm3 avec transmission à vis sans fin (1938) et une petite « Jeep » propulsée par un moteur deux cylindres à quatre temps, refroidi par air (1939).

 Dans l'immédiat après-guerre, Marcel Violet proposa à nouveau le cycle à deux temps sur une voiture de formule 3 propulsée par un moteur à quatre cylindres avec changement de vitesse à cinq rapports.


Idée & conception © 1999-2011 van Damme Stéphane.