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« C'est dans les vieux chaudrons qu'on fait les meilleures soupes », dit l'adage. Placé dans le contexte automobile, ce dicton populaire sied fort bien à l'Integra, un coupé sport qui refuse obstinément de vieillir... tout en continuant de faire le plus grand bonheur de ses propriétaires. Apparue à l'automne 1993 sous la forme d'un coupé et d'une berline, l'Integra de troisième génération fait montre d'une longévité exceptionnelle, surtout pour un modèle de grande diffusion. L'exploit mérite d'autant plus d'être souligné qu'elle est demeurée inchangée – ou presque – depuis ses débuts, sans pour autant prendre une seule ride. Les changements apportés en cours de route se résument à l'addition de versions plus musclées (GS-R et Type R) et au retrait de la berline. Mais on a également pris soin de conserver les versions moins puissantes (et moins cossues) parce qu'elles sont plus abordables. Cette orientation a permis à ce coupé sport d'offrir, année après année, l'un des meilleurs rapports qualité/prix de sa catégorie – sinon le meilleur. Souhaitons que la quatrième génération, dont l'arrivée est prévue pour le printemps prochain, conserve cet esprit. On voit mal, du reste, comment il pourrait en être autrement, cette philosophie ayant valu une fructueuse carrière au modèle actuel. De sa remplaçante, on sait peu de chose, sinon qu'elle sera mue par une nouvelle génération de moteurs VTEC et que les boîtes manuelle et automatique compteront respectivement 6 et 5 rapports. En matière de style, on semble avoir opté pour la continuité, les premières esquisses nous révélant un profil qui reprend les grandes lignes de sa devancière, auquel se greffe une partie avant s'inspirant des Honda Civic. EN ATTENDANT LA RELÈVE Avant de tirer sa révérence, la cuvée 2001 y va d'une dernière prestation sous sa forme actuelle. Avis aux intéressés en quête d'une sportive à prix d'aubaine, l'achat d'une Integra au cours des prochains mois risque de s'avérer une bonne affaire. Chose certaine, les concessionnaires vont s'empresser d'écouler les stocks afin de faire place aux modèles 2002. L'achat d'une Integra est d'autant plus recommandé qu'elle n'a rien perdu de ses qualités dynamiques. Agile, maniable et performant juste ce qu'il faut dans sa livrée de base, ce coupé sport peut fièrement porter cette appellation, trop souvent galvaudée. Qu'on se le dise, l'Integra ne fait pas de fausse représentation. Bien qu'une coche trop assistée, sa direction rapide et précise permet de la placer comme on veut dans les virages, qu'elle enfile avec brio. La suspension à bras triangulés, une solution brevetée Honda, y contribue largement, en contrôlant le roulis de belle façon. De plus, sa relative fermeté plaira aux plus exigeants. Les douillets aimeront moins, pas plus qu'ils n'apprécieront d'être assis bas. Mais je m'empresse de leur suggérer l'achat d'une paisible berline, plus appropriée à leurs besoins... Dans les versions plus performantes que sont les GS-R et l'exclusive Type R, on obtient dans l'ordre, 170 et 195 chevaux sous le capot. Ces chiffres sont d'autant plus impressionnants qu'ils sont obtenus par des motorisations atmosphériques à 4 cylindres, sans turbo ni compresseur ! Pour ceux qui ne le sauraient pas, la puissance à haut régime est une spécialité maison chez Honda, comme le démontrent ces deux moteurs de petite cylindrée (1,8 litre, 16 soupapes, DACT), munis de la distribution à calage variable des soupapes (VTEC), une autre technologie brevetée de ce constructeur. Si vous n'avez pas l'oreille pour ce type de musique, passez votre tour, car les hurlements stridents de ces engins à haut rendement peuvent être agressants pour plusieurs. SPORTIVE, MAIS PRATIQUE Le seul endroit où l'Integra trahit son âge, c'est dans l'habitacle. Et encore, c'est plus austère que vieillot. Il faut dire que la facture bon marché du plastique qui recouvre la planche de bord et la console n'aide pas à rehausser le tout. À défaut d'être agréable à l'oeil, l'habitacle s'avère fonctionnel. Avec ses deux cadrans surdimensionnés, où logent le compte-tours et l'indicateur de vitesse, le tableau de bord offre une vue imprenable. On dénombre quantité d'espaces de rangement, tandis que les commandes sont simples et faciles d'accès. À l'avant, les sièges brillent par leur maintien impeccable, mais il faut considérer les places arrière comme occasionnelles, du moins pour des adultes. Si on ne se formalise guère de ce genre d'inconvénients dans un coupé sport, il convient tout de même de souligner que le coffre à bagages n'est pas chiche en espace et que le hayon arrière compte bon nombre d'adeptes. Le seuil de coffre est toutefois élevé; rien n'est parfait. Les fausses notes viennent de la chaîne stéréo, dont le rendement est pitoyable. Et je suis poli. La fiabilité exemplaire de l'Integra, ainsi que la qualité d'assemblage qui est sienne, contribuent à son excellente réputation, en plus de rehausser sa valeur de revente. Ce qui en fait, encore une fois, un achat des plus sûrs, neuve ou usagée. On en veut encore, des comme ça ! ("Guide de l'auto")
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